28 JANVIER 2022

Vous avez dit « fatigue pandémique »?

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Janvier est toujours un mois difficile. Ce n’est pas un hasard si c’est celui durant lequel on parle le plus de santé mentale. C’est aussi traditionnellement une période où débordent les urgences des hôpitaux en raison des infections respiratoires virales. Bref, un mois difficile.

Mais après deux ans de pandémie, cet épuisement, ce blues du mois de janvier, a pris une tout autre ampleur :  la panne d’énergie est quasi généralisée au sein de notre profession et du réseau de la santé.

Récemment, vous avez été près de 3000 médecins, résidentes et résidents à répondre à notre sondage, dans lequel la fatigue pandémique était abordée. Les résultats me sont apparus préoccupants. Près de la moitié d’entre vous affirmez ressentir une grande fatigue physique et mentale. Vous êtes quelques centaines à vous estimer au bord de l’épuisement.

Si vous étiez votre propre patiente ou patient, que recommanderiez-vous à cette personne assise devant vous? Probablement que vous l’inciteriez à aller chercher le soutien nécessaire dans les meilleurs délais…

Je sais qu’il n’est pas habituel pour les médecins de demander de l’aide. Heureusement, les temps changent et les tabous commencent à tomber, comme en fait foi la forte augmentation des demandes au Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ) l’an dernier. Des personnes de confiance sont disponibles au PAMQ pour vous offrir l’écoute et l’aide dont vous avez besoin.

Faites-vous ce cadeau. Même si cela s’ajoute à votre agenda déjà trop chargé. Vous avez la responsabilité de prendre soin de vous. Faites-le aussi pour vos proches, vos collègues et surtout vos patients.

S’entraider

Selon les jours, la longueur du tunnel qu’il nous reste à franchir pour sortir de cette crise semble varier. Pour arriver au bout de ce passage obligé, il faudra s’entraider. Quand je pense à ces médecins, dans plusieurs régions, qui se sont portés volontaires pour épauler sur le terrain les infirmières et préposés épuisés en raison du manque de personnel, j’y vois quelque chose de profondément inspirant et rassurant sur le plan humain.

À celles et ceux qui se sentent encore capables de le faire, je vous invite à tendre la main. Avec humilité et compassion.

Et si vous avez besoin de cette main tendue, n’attendez plus, faites signe.

Mauril Gaudreault, M.D.