2 DÉCEMBRE 2022

Le consentement et le respect ne sont pas négociables

PARTAGER

De bien triste façon, l’actualité des dernières semaines a remis à l’avant-plan deux thèmes incontournables pour les médecins : l’importance du consentement libre et éclairé et l’accès à des soins et services en français. Des rappels s’imposent. 

Stérilisations non consenties : brisons le silence

Tout comme vous probablement, j’ai été bouleversé par les révélations concernant des stérilisations forcées subies par plusieurs femmes des Premières Nations et Inuit, ici même au Québec, de 1980 jusqu’en 2019. Ces événements nous rappellent que le racisme systémique est une réalité bien tangible dans notre réseau de la santé. Cette réalité laisse parfois de profondes séquelles. 

Au cours des prochains jours, je rencontrerai la professeure Suzy Basile, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les enjeux relatifs aux femmes autochtones et coauteure du rapport de recherche produit par l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), afin de voir comment le Collège peut aller plus loin pour briser le silence entourant ces abus et actualiser la formation de ses membres.   

Les témoignages recueillis par l’UQAT soulèvent de grandes préoccupations pour le Collège et commandent un rappel sur ce principe fondamental qu’est le consentement aux soins. 

Aucun examen, traitement ou intervention médicale, requis ou non par l’état de santé d’une personne, ne peut être effectué sans le consentement libre et éclairé de celle-ci. Il s’agit d’une obligation déontologique pour les médecins. Mais surtout, c’est le socle sur lequel se bâtit la relation de confiance entre cette personne qui requiert des soins et celle qui la soigne. C’est tout simplement non négociable. 

Au moment de fournir son consentement, la personne doit être apte à le faire. Elle doit être libre de s’exprimer, et libre d’accepter ou de refuser le soin qu’on lui propose. Les médecins doivent fournir les renseignements et les explications nécessaires à la prise de décision, répondre aux questions de la personne et s’assurer de sa compréhension. Ce processus ne peut être escamoté. Il faut laisser à la personne le temps nécessaire pour arrêter la décision qu’elle juge la meilleure pour elle. 

L’an dernier, le Collège avait publié ce rappel important sur le consentement. Les principes n’ont pas changé. Je vous encourage à le lire (ou relire) et à consulter les ressources suggérées, au besoin. 

Surtout, je vous demande de faire preuve d’une grande vigilance dans votre milieu. Si vous avez été témoin de situations inacceptables, il faut nous les signaler. Moralement et humainement, c’est le geste à poser. Ayons ce courage, pour ces femmes, dans l’espoir de rebâtir leur confiance envers le système de santé et notre profession.

En français, svp!

La semaine dernière, un quotidien montréalais relatait la difficulté d’obtenir des soins et services en français pour plusieurs patients au sein du réseau de la santé.

Ce qui m’a particulièrement dérangé à la lecture de cet article, c’est la perception qu’avaient ces patients francophones d’une certaine arrogance des médecins unilingues anglophones à leur endroit. Au-delà de l'anecdote personnelle, le nombre de cas rapportés traduit un malaise plus large. 

Soyons très clairs : au Québec, partout dans le réseau de la santé, les patients doivent avoir accès à des soins et services en français. C’est la loi. Celle-ci reconnaît aussi le droit, pour les patients anglophones, d’avoir accès à des services de santé dans leur langue.

Pour obtenir des soins de qualité, le patient doit comprendre son médecin et être compris par celui-ci. C’est le principe de base d’une bonne communication. Du point de vue du Collège, ce principe s’applique aussi aux patients autochtones ou allophones, par exemple. Sans une bonne communication, on ne peut bâtir un lien de confiance solide et surtout, on ne peut consentir à des soins de manière libre et éclairée. La relation patient-médecin ne peut être entravée par une barrière linguistique.

Le Collège s’attend à ce que les médecins fassent tous les efforts nécessaires et démontrent une réelle volonté de communiquer avec leurs patients, dans la langue appropriée. Les patients sont nos partenaires de soins, traitons-les avec tout le respect qui leur est dû.