11 FÉVRIER 2022

Un plan et du financement

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L’annonce d’un calendrier de déconfinement était souhaitée et attendue. La population québécoise avait  besoin de cette prévisibilité pour s’accrocher à l’espoir  de reprendre un jour des activités un tant soit peu normales.

Ainsi, à la mi-mars, si les hospitalisations ne pèsent pas trop lourd sur le réseau, la plupart des restrictions sanitaires seront levées. Dès que possible, il faudra accorder un peu de répit au personnel soignant, dont les médecins, qui vivent eux aussi durement la fatigue pandémique et doivent reprendre leur souffle.

Mais il faudra garder dans notre radar toutes ces personnes qui attendent depuis trop longtemps une  intervention chirurgicale ou d’autres types de soins. La liste est longue, il faut s’y attaquer. Il faudra  aussi s’atteler en priorité à l’élargissement de la première ligne, pour améliorer l’accès aux soins et services sociaux, partout au Québec. Tous semblent y travailler, mais pas nécessairement ensemble. Le financement sera  notamment le nerf de la guerre.

C’est pourquoi le Collège s’inscrit cette année dans la démarche de consultation prébudgétaire du ministre québécois des Finances. Nous recommandons que soient priorisés quatre secteurs d’activités qui, à nos yeux, sont les piliers d’une réelle transformation du système de santé.

Investir en santé
Diversifier la première ligne

Le  1er février dernier, lors des représentations au sujet du projet de loi no11,  nous avons exposé très clairement notre vision interprofessionnelle et intégrée de la première ligne. À nos yeux, le médecin de famille ne peut plus être la seule porte d’entrée du réseau de la santé et des services sociaux. Pour améliorer l’accès aux soins et services, il faut diversifier la première ligne et y inclure d’autres professionnels. Cela nécessitera le financement de nouvelles activités autorisées pour certains professionnels. Il faut aussi examiner la possibilité d’élargir la couverture du régime public à certains soins actuellement dispensés au privé.

Élargir  les soins  à domicile

Le Collège a souligné à plusieurs reprises l’importance d’investir dans les soins et services à domicile, et de mieux soutenir les personnes proches aidantes. Il faut encourager davantage la pratique à domicile, en interdisciplinarité, auprès des personnes qui présentent une incapacité temporaire ou permanente. C’est crucial pour éviter l’engorgement des hôpitaux.

Accroitre  les ressources  pour les soins en santé mentale

La pandémie a exposé au grand jour et exacerbé les besoins criants de la population pour des soins accessibles en santé mentale. L’offre de services en établissement doit être bonifiée et davantage de ressources doivent être déployées sur le terrain. Le Collège s’engage à collaborer pleinement, aux côtés de tous les partenaires du réseau, à la mise en œuvre du nouveau Plan d’action en santé mentale du gouvernement provincial.

Optimiser les plateformes technologiques

Le Québec doit se doter de plateformes technologiques qui optimiseront la communication entre professionnels du réseau et faciliteront l’accès aux dossiers médicaux. Le projet de loi no19,  portant sur les renseignements de santé, est une occasion en or de faire entrer résolument notre système de santé dans l’ère du numérique et ainsi rendre plus  fluide la circulation de ces renseignements. Or, pour opérer ce virage dans les meilleurs délais, un important financement sera nécessaire.

Depuis plusieurs années, un profond besoin de transformation se fait sentir dans notre réseau de la santé. Nous connaissons plusieurs des solutions, nous avons retenu les dures leçons de la pandémie. Le temps est venu d’agir.


Mauril Gaudreault, M.D.