1 AVRIL 2022

La part de chacune et de chacun

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Tour à tour, les ministres Côté, Rochon, Marois, Legault, Couillard, Bolduc, Hébert, Barrette et Dubé ont voulu réformer, redresser le réseau de la santé pour le rendre plus performant, plus accessible pour les Québécoises et les Québécois. 

Le constat est décevant en 2022 : un ratio de lits moindre qu’ailleurs dans le monde, des délais plus longs aux urgences, un manque de médecins et d’infirmières, et près d’un million de personnes sans médecin de famille, bien que la moitié du budget de l’état soit consacré à la santé.

Après deux années de pandémie qui ont usé encore davantage notre réseau de la santé, la tâche est immense. Mais c’est sans doute cette fois le bon moment. Car malgré qu’il fût mis sous pression comme jamais auparavant, le réseau n’a pas implosé. Il a résisté. C’est grâce à la part de chacune et de chacun. 

La preuve en est la vaste opération de vaccination qui a uni l’ensemble des professionnels en santé. Médecins, infirmières, pharmaciens, inhalothérapeutes, techniciens en santé animale, opticiens, chiropraticiens, physiothérapeutes, technologistes médicaux, etc. La campagne menée simultanément aux quatre coins du Québec s’est déroulée au rythme effréné où arrivaient les vaccins, soutenue par un système informatique loin de l’archaïque télécopieur. Si nous avons pu accomplir ensemble cet exploit, tous les espoirs sont permis.

La part du Collège

Mais devant l’ampleur du défi, ce n’est pas un ministre seul, malgré son courage et son armée de fonctionnaires, qui y parviendra en trois ans. Il faudra de nouveau la part de chacune et de chacun. 

Le Collège des médecins collaborera au Plan santé du ministre Christian Dubé. Depuis des mois, nous avons mis sur pied un Chantier sur l’accès à un médecin et la cessation d’exercice, qui regroupe les fédérations médicales, le ministère de la Santé et des Services sociaux et un patient partenaire. Nous avons consulté des partenaires du réseau et des experts. Notre rapport sera soumis au Conseil d’administration dans un mois. Il proposera des axes de solutions concrets, inspirés ou confirmés par le vaste sondage SOM que nous menons actuellement auprès de l’ensemble des médecins et du grand public.

Ce chantier, c’est la part du Collège. Il proposera notamment de nouvelles avenues pour la première ligne, le parcours de soins et l’interprofessionnalisme. Le Collège veillera à ce que ce dernier concept ne soit pas galvaudé dans le cadre de ce Plan. Il ne faudrait pas le confondre avec un décloisonnement tous azimuts des professions en santé ou une dilution des codes de déontologie. Nous serons aussi très attentifs aux propositions touchant la contribution du privé.

Et les patients?

Le Plan santé du ministre Dubé est ambitieux. Il est nécessaire. Il connaîtra inévitablement son lot de résistances et de contradictions. Par exemple, il n’y a pas si longtemps, on nous promettait plus d’efficacité en centralisant les décisions à la tête des CIUSSS. On leur reproche désormais un éloignement du terrain. Et maintenant, on nous promet plus d’efficacité en décentralisant. 

Dans tout le vocabulaire employé pour décrire cette refondation ou ce rétablissement, il y a pourtant un mot que l’on entend peu : PATIENTS. Il ne faudrait surtout pas les perdre de vue. Ils sont la raison d’être de tous ces efforts. Ils doivent être au centre de cette démarche. Nous y veillerons. Tout comme vous le ferez également.


Cordialement,
Mauril Gaudreault, M.D.