DECEMBER 18, 2017

Un service d’évaluation et d’accompagnement pour les médecins porteurs d’une infection hématogène

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Au Québec, il est possible de prodiguer des soins de santé ou de suivre une formation pour devenir un professionnel de la santé tout en étant porteur d’une infection hématogène (VIH, VHB, VHC), à la condition de se faire évaluer par le Service d’évaluation des risques de transmission d’infections hématogènes (SERTIH), et de suivre ses recommandations.

Offrir des soins sécuritaires et de qualité

Créé par l’Institut national de santé publique du Québec à la demande du ministère de la Santé et des Services sociaux, le SERTIH s’adresse bien sûr aux médecins en exercice ainsi qu’aux personnes en formation médicale (étudiants en médecine, résidents et moniteurs), mais également aux membres de tous les ordres professionnels du milieu de la santé qui seraient porteurs d’une infection hématogène. Il leur permet d’obtenir des recommandations pour limiter le risque de transmission de leur infection à leurs patients dans le cadre de leurs fonctions.

Responsabilité professionnelle

En ce qui concerne les médecins dont l’état de santé constitue un risque pour la clientèle, la responsabilité de restreindre leur pratique est assumée entre autres par :

  • les médecins eux-mêmes, leur code de déontologie stipulant qu’ils doivent s’abstenir d’exercer dans des états susceptibles de compromettre la qualité de leurs actes;
  • le Collège des médecins du Québec, puisque le Code des professions et la Loi sur les services de santé et les services sociaux accordent le droit de contrôler la qualité de pratique des professionnels à d’autres instances, dont les ordres professionnels.

Le SERTIH s’inscrit ainsi en complément à ces mécanismes de protection du public. Les recommandations du SERTIH n’ont cependant pas de statut juridique. Elles ne prennent effet que sur l’approbation du Collège des médecins du Québec ou de l’ordre professionnel concerné.

Actes propices à la transmission

L’examen des dossiers des médecins et autres professionnels de la santé porteurs d’une infection hématogène repose sur la définition d’actes à risque de transmission, soit un possible contact entre le sang du professionnel infecté et le sang ou la muqueuse du patient.
 
Dans le cas de l’exercice de la médecine, plusieurs spécialités médicales impliquent la pratique d’actes à risque de transmission, notamment :

  • la médecine familiale, la chirurgie et la majorité des spécialités chirurgicales, la médecine d’urgence, l’obstétrique et la gynécologie, l’ophtalmologie, l’urologie, l’endocrinologie et la gynécologique de la reproduction et de l’infertilité, la médecine maternelle et fœtale, l’oncologie gynécologique, l’oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale (ORL), ainsi que certaines situations en médecine néonatale et périnatale, en pédiatrie ou en pédiatrie du développement.

Demander une évaluation

L’évaluation par un comité d’experts du SERTIH permet :

  • d’évaluer de façon non nominative le risque de transmission d’infections hématogènes en fonction de l’état de santé du professionnel de la santé porteur d’une infection hématogène et de la nature des actes qu’il pose dans sa pratique;
  • d’obtenir des recommandations concernant la poursuite de la pratique du professionnel visé et, s’il y a lieu, sur le suivi médical lié à son infection.

Pour demander une évaluation du SERTIH : ligne sans frais 1 866 680-1856, accessible du mardi au vendredi, de 8 h 30 à 12 h.

Pour en savoir davantage sur le SERTIH : https://www.inspq.qc.ca/sertih

Un rappel pour la prévention

En matière d’infections hématogènes, il est du devoir de tous les professionnels de la santé d’être exemplaires au niveau de la prévention. Parce qu’éviter d’être infecté permet d’éviter d’infecter, deux gestes simples devraient toujours s’imposer aux professionnels de la santé : la vaccination contre l’hépatite B, et l’application rigoureuse des précautions universelles de prévention des infections. Voir le document de référence du Collège à cet effet pour les détails.