SEPTEMBER 23, 2022

Mise au point - Élargissement du diagnostic à d'autres professionnels de la santé

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Le rapport du Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ), Agir maintenant pour améliorer l’accès en santé et services sociaux, alimente les conversations depuis la semaine dernière. On y propose notamment d’élargir le pouvoir de poser des diagnostics à des professionnels de la santé déjà habilités à procéder à des évaluations.

Depuis fort longtemps, le Collège des médecins du Québec promeut sans réserve l’interprofessionnalisme et l’élargissement des pratiques professionnelles. C’est dans cet esprit qu’il «n’est pas contre l’idée de partager le droit de poser des diagnostics avec d’autres professionnels», comme le mentionne le rapport du CIQ. 

Mais il y a un mais...

Même si le Collège a participé aux travaux du CIQ ayant mené au rapport, celui-ci ne nous avait pas été transmis avant sa diffusion. Nous souhaitons donc aujourd’hui réitérer nos préoccupations sur la question de l’élargissement du diagnostic:

  • Une démarche structurée devra entourer cette question.
  • Des balises déontologiques devront être clairement établies en lien avec les compétences professionnelles.
  • Chaque professionnel devra énoncer clairement l’ensemble des limites de son champ d’exercice, au-delà desquelles il devra rediriger le patient vers un médecin.

Le Collège a comme mission de «protéger le public en offrant une médecine de qualité». Une médecine de qualité, c’est aussi une médecine accessible. Nous en avons fait un enjeu prioritaire. D’ailleurs, nous avons publié cette année le rapport de notre Chantier sur l’accès à un médecin et la cessation d’exercice, en collaboration avec de nombreux acteurs du milieu de la santé. 

De toute évidence, il n’y a pas de solution miracle aux enjeux actuels dans le réseau. Ceux-ci sont nombreux: la pénurie de personnel, la désuétude des infrastructures, les iniquités dans l’offre de soins selon les régions, les débordements des urgences, etc. L’élargissement du diagnostic fait partie, à long terme, d’un éventail de possibilités.

Ne pas précipiter les choses

Au bout du compte, si les compétences professionnelles requises ne sont pas au rendez-vous, ce sont les patients qui seront pénalisés alors que la trajectoire de soins qui leur est proposée risque de se terminer en cul-de-sac ou d’être allongée. Le réseau n’en sera pas moins engorgé. En revanche, tout le monde y gagnera si, ensemble, nous faisons les choses avec rigueur et dans l’ordre.

La formation des médecins spécialistes

Dans un autre ordre d’idées, la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) a diffusé un rapport étoffé sur la formation des médecins spécialistes. Celui-ci remet en question l’évaluation des apprentissages selon le modèle CPC (Compétence par conception), qui consiste à faire remplir des fiches d’observation et d’évaluation par des superviseurs tout au long de la résidence.

Le Collège mesure régulièrement le pour et le contre du modèle CPC, depuis sa mise en place.

Par ailleurs, nous analysons actuellement le rapport de la FMRQ et nous échangeons au sujet de son contenu avec des doyens de facultés de médecine.

Le Collège sait faire preuve d’ouverture. Il sait s’adapter à la lumière des enjeux vécus sur le terrain. Ce dossier ne fera pas exception.

Mauril Gaudreault, M.D.